OGC Nice-FC Nantes, un arrêté pour interdire la présence des supporters du FC Nantes à Nice le 4 avril 2025

By Erwan

La préfecture interdit aux supporters nantais d’assister au match contre l’OGC Nice le 4 avril 2025. Une décision justifiée par la sécurité, mais qui soulève des interrogations.

À retenir :

  • Interdiction préfectorale du déplacement des supporters du FC Nantes à Nice
  • Contexte marqué par des incidents violents récents entre fans des deux clubs
  • Une mesure préventive controversée sur le plan des libertés publiques
  • Absence des supporters dans un match clé de la fin de saison

Un arrêté ferme pour une rencontre classée à risques

Le 27 mars 2025, la préfecture des Alpes-Maritimes a officiellement publié un arrêté interdisant le déplacement des supporters du FC Nantes à Nice pour le match du 4 avril. Cet arrêté, consultable sur le site du FC Nantes[13], s’appuie sur le cadre légal prévu par l’article L.332-16-1 du Code du sport. Il stipule que toute personne se prévalant de la qualité de supporter du club nantais, ou se comportant comme tel, sera interdite d’accès à Nice et à ses abords ce jour-là.

Selon l’arrêté : « La rencontre est susceptible de donner lieu à des affrontements entre supporters rivaux, comme ce fut le cas à plusieurs reprises ces dernières années. »

L’Allianz Riviera, qui accueillera la rencontre à 20h45, sera donc privée de toute présence officielle ou officieuse de fans nantais, dans un climat déjà tendu.

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Tensions historiques et drames récents : un passif lourd

Une rivalité sportive marquée par les violences

Les matchs entre Nice et Nantes ont souvent été catalogués comme « à haut risque » par la Division nationale de lutte contre le hooliganisme (DNLH). Ce n’est pas un hasard. Selon Actu44, le 20 octobre 2024, les Niçois avaient eux-mêmes été interdits de déplacement à Nantes, signe de la réciprocité des tensions[2].

Mais le point de rupture remonte à décembre 2023, lorsqu’un supporter nantais est décédé à la suite d’une altercation à proximité du stade avant un match contre l’OGC Nice. Ce drame a profondément choqué la communauté du football.

« Voir un supporter mourir pour un maillot, c’est l’échec de notre passion collective »
— citation issue du reportage de TF1 Info, décembre 2023

Des interdictions devenues monnaie courante

L’interdiction du 4 avril n’est pas une première. Le 31 mars 2024, la préfecture avait déjà empêché les fans nantais de faire le déplacement pour un match à Nice. Et selon Ma Veille Juridique, d’autres clubs comme Saint-Étienne, Marseille ou Bastia ont été confrontés à des mesures similaires ces derniers mois[6].

Dans les faits, les déplacements encadrés ou interdits sont devenus une routine, ce qui dénature le rapport entre supporters et football.

Des conséquences multiples pour les parties prenantes

Les supporters nantais : entre frustration et lassitude

Pour les supporters du FC Nantes, cette interdiction est une énième désillusion. Alors que le club stagne à la 13ᵉ place avec 27 points[11], ces rencontres peuvent jouer un rôle décisif pour éviter la zone rouge.

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J’ai discuté avec Hugo, membre d’un groupe de supporters nantais, qui m’a confié :

« On nous prive de notre passion. On est traités comme des menaces, alors qu’on veut juste soutenir notre club. »

L’absence de soutien dans les tribunes peut aussi peser sur les joueurs, surtout dans un match où Jean-Charles Castelletto est suspendu, et Pedro Chirivella ainsi que Francis Coquelin sont incertains[9].

Un match déséquilibré sur le plan émotionnel

Côté niçois, Dante et Melvin Bard sont suspendus, ce qui affaiblit la défense. Mais le soutien du public local, galvanisé par l’absence de fans adverses, pourrait faire la différence.

Selon Foot-Sur7, le match suscite un vif intérêt : tous les billets ont été attribués[10]. Mais l’ambiance sera forcément biaisée. Un match de Ligue 1 sans les deux camps de supporters, est-ce encore le même sport ?

Un cadre juridique solide mais controversé

Une législation pensée pour l’ordre public

La légitimité de l’arrêté repose sur des bases juridiques claires. L’article L.332-16-1 du Code du sport autorise de telles interdictions en cas de menace pour l’ordre public. Et selon Légifrance, ces arrêtés doivent être motivés, proportionnés et circonstanciés[1].

Dans ce cas, les autorités justifient leur décision par une accumulation de faits : décès d’un supporter, bagarres, provocations sur les réseaux sociaux…

Une pratique qui interroge sur les libertés

Mais au-delà de la légalité, la multiplication de ces interdictions soulève des inquiétudes sur le plan des droits fondamentaux. Le Conseil d’État lui-même a plusieurs fois rappelé que la liberté de circulation et la liberté d’expression doivent être préservées autant que possible dans un État de droit.

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En tant que journaliste, j’ai couvert des matchs en Italie, où les ultras sont parfois encadrés mais rarement interdits. Là-bas, des solutions alternatives — comme la « zone tampon », les convois sécurisés ou les quotas — permettent souvent d’éviter les interdictions totales.

« On ne réglera pas la violence par l’absence. Le dialogue reste la clé. »
— extrait d’un rapport du Sénat sur la sécurité dans les stades, 2022

Tableau récapitulatif des interdictions récentes impliquant le FC Nantes

DateMatchMesure priseNiveau de risque
31 mars 2024OGC Nice – FC NantesInterdiction déplacement NantaisNiveau 4
20 octobre 2024FC Nantes – OGC NiceInterdiction déplacement NiçoisNiveau 4
19 janvier 2025ASSE – FC NantesDéplacement strictement encadréNiveau 3
4 avril 2025OGC Nice – FC NantesInterdiction déplacement NantaisNiveau 4

Vers des alternatives à l’interdiction ?

Certes, la sécurité est une priorité, mais faut-il sacrifier le lien vivant entre les clubs et leurs supporters ? Plusieurs pistes mériteraient d’être sérieusement explorées :

  • Organiser des déplacements encadrés par les clubs eux-mêmes
  • Renforcer la coopération entre groupes de supporters des deux camps
  • Créer un médiateur national des relations supporters/autorités
  • Promouvoir les sanctions individuelles plutôt que collectives

Dans les stades, les chants, les couleurs, les rivalités saines font partie du spectacle. Écarter systématiquement une partie du public revient à fragiliser le football lui-même.

« L’amour d’un club ne se vit pas derrière un écran. Il se partage, il se crie, il se vit. »

Et vous, que pensez-vous de cette interdiction ? La sécurité justifie-t-elle de telles restrictions ? Donnez votre avis en commentaire !

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